Puis-je réclamer si j'ai été interviewé (e) et que rien n'est jamais paru ?

vendredi, octobre 02, 2009 Posté par Eric Tenin

Vous n'êtes pas Bill Gates, Nicolas Sarkozy ou Catherine Deneuve ? Alors désolé, mais c'est la loi du genre... Vous avez certes consacré quelques-unes de vos précieuses minutes à répondre aux questions d'un journaliste, mais cela ne vous donne évidemment aucune garantie concernant une quelconque parution. Pensez encore une fois que vous êtes face à un acheteur : le simple fait de venir lui proposer un produit (en l'occurrence vous ou votre entreprise) ne garantit nullement qu'il va vous envoyer un bon de commande dans la semaine qui suit... Même si c'est lui qui vous a sollicité initialement. Peut-être vos propos ont-ils été intéressants, mais moins que ceux d'un autre interviewé. Peut-être étiez-vous trop préoccupé de promouvoir votre produit et pas assez de satisfaire les besoins du journaliste (lui fournir de la matière à article). Ou peut-être avez-vous dit la même chose que les 3 autres interviewés et dans ce cas le journaliste ne voit pas l'intérêt de répéter le même argument en 3 exemplaires dans la bouche de 3 personnes différentes.
D'autres contraintes peuvent également intervenir :
  • Un annonceur prend une page de pub au dernier moment, il faut faire sauter une page de rédactionnel. Et oui, l'économie précaire des journaux impose que l'on privilégie la pub à la rédaction. L'un rapporte, l'autre coûte... Du moins à court terme.
  • Un événement d'importance majeur oblige le rédacteur en chef à modifier la pagination. A la trappe le sujet dans lequel vous deviez apparaître, ce sera pour le numéro d'après ou peut-être jamais...
  • Le sujet "cogne" avec un autre article, placé un peu plus loin dans le chemin de fer et l'on ne s'en aperçoit qu'au dernier moment. Il faut en sacrifier un...
  • Le journaliste ne trouve pas le temps de boucler son enquête. Il l'a repousse, la repousse... jusqu'à ce que le sujet commence à être un peu trop "faisandé". Finalement l'enquête ne sera jamais bouclée et vos propos ne seront jamais publiés...
Dans tous les cas, à moins que vous soyez une célébrité ou un expert absolument incontournable, lorsque vous vous rendez compte que vous êtes passé à la trappe, évitez de rappeler le journaliste avec un petit air pincé pour dire "j'ai quand même pris de mon temps pour répondre à vos questions..." Cela ne changerait rien et il y a peu de chance qu'il vous rappelle la fois d'après.
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7 comments:

  1. Hoppenot a dit…

    Bien vu !

    Combien de fois j'ai dû l'expliquer à un client qui voulait me tirer les oreilles parce qu'il avait passer 3/4 avec le dit journaliste au tel et qu'il n'y avait eu aucun retour... Quelque fois c'est clair ils se croient les rois du monde !

  2. Anonyme a dit…

    Ou encore les propos que l'on tient ne correspondent pas avec ce que le journaliste veut entendre et dire dans son article/émission. C'est tout le problème avec les journalistes (ou la rédaction derrière eux car ils ne travaillent pas toujours tout seuls) qui ont une approche d'un sujet trop strictement définie "à priori".

    C'est du vécu, avec M6, avec laquelle mon entreprise a passé plusieurs heures (à leur demande) pour qu'au final rien ne soit repris non parce que d'autre disaient la même chose mais parce que notre "point de vue" ne cadrait pas avec le message qu'ils voulaient faire passer. C'est regrettable. La pluralité des vécus n'a pas été prise en compte.
    NB : nous parlions pourtant bien du même sujet.

  3. Barbara Ouvrard a dit…

    Bravo, Eric !!
    Merci pour ton explication. Beaucoup d'annonceurs se prennent pour des divas et oublient que le journaliste est libre de traiter l'information comme il en a envie. Vive la liberté de la presse !!

  4. Eric Tenin a dit…

    @Hoppenot. C'est pour cela que je prends toujours l'analogie de la relation vendeur acheteur. Vos clients trouvent sûrement tout à fait normal de proposer un produit à un acheteur et que ce dernier ne donne pas suite, ils ne comprennent pas que c'est la même chose avec un journaliste.

    @Anonyme. C'est TRES vrai et il faut que je fasse un billet dessus. Il y a ce fameux principe d'angle qui nous « oblige » à traiter un sujet au travers d'un prisme établi d'avance. Tout exemple qui irait à l’encontre de l’angle est systématiquement écarté… C’est ce qui a dû se passer dans votre cas.

    @Barbara ;-)

  5. L'attaché de presse a dit…

    Merci ! Je vais envoyer le lien de votre blog à mes clients ! C'est toujours mieux quand ça sort du clavier d'un journaliste.

  6. Anonyme a dit…

    Quand Bill Gates, Nicolas Sarkozy ou Catherine Deneuve vont aux chiottes est-ce que leur merde sent la rose ?

    Non mais on rêve et ce morceau là c'est une pépite :

    "Pensez encore une fois que vous êtes face à un acheteur : le simple fait de venir lui proposer un produit (en l'occurrence vous ou votre entreprise) ne garantit nullement qu'il va vous renvoyer un bon de commande dans la semaine qui suit."

    Monsieur le jounaliste, je ne vous connais pas et je découvre et votre blog et vos articles par hasard (Première page d'over-blog ce jour) et je dois dire que vous n'êtes pas une contradiction prêt !

    Ne vous étonnez pas de la disparition prochaine de votre métier en nous pondant ce genre d'article. Continuez à penser et écrire de la sorte et je peux vous garantir une chose :

    votre métier ET le corporatisme nauséeux que vous représentez devraient disparaitre encore plus rapidement que vous ne l'imaginiez.

  7. Anonyme a dit…

    bravo le journaliste, c'était mon rêve! continuez à nous renseigner, à nous rendre plus intelligent, j'arrive à la fin de ma vie mais je reste très interessée! ELIIANE(modeste)

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