Journaliste : avantages et inconvénients

vendredi, septembre 25, 2009 Posté par Eric Tenin

Aller, je continue mon "oeuvre" de transparence vis à vis de ma profession. Je vous ai déjà expliqué quels "droits" offrait la carte de presse il y a une quinzaine de jours, aujourd'hui je vous propose une liste - non exhaustive - des avantages et des inconvénients de la condition de journaliste. Libre à vous de la compléter si le cœur vous en dit...

Les avantages :

  • On est payé pour poser des questions à des tas de gens dans des domaines très variés. A part flic, juge d’instruction ou expert d’assurances, il n’y a pas beaucoup de jobs qui permettent d’en faire autant…
  • On apprend tout le temps quelque chose (conséquence du point précédent).
  • On a parfois la sensation de vraiment rendre service à nos lecteurs/spectateurs/ auditeurs… Par exemple, lorsque l’on démonte les arguments fallacieux d’une publicité, que l’on montre, preuves à l’appui, les vrais desseins d’un homme politique ou que l’on dresse un palmarès objectif des meilleures crèmes solaires (si, si) !
  • On est généralement bien reçu par nos interlocuteurs qui souhaitent que l’on parle d’eux en bons termes car ils savent qu’un article élogieux peut changer beaucoup de choses pour eux et pour leur business.
  • On est souvent invité. Déjeuners, voyages de presse, soirées de lancement, avant-premières... Je ne compte plus le nombre de festivités auxquelles j'ai participées, parfois pour de bonnes raisons mais très souvent – je l’avoue - pour de mauvaises (est-il vraiment utile pour un journaliste d’aller découvrir une nouvelle gamme d’ordinateurs à Malte pendant 3 jours ?). J’en ai également refusées car je trouvais que c’était vraiment « trop », notamment un voyage à New York en Concorde il y a une dizaine d’années – maintenant je me demande si j’ai bien fait ;-)
  • On reçoit des cadeaux. De moins en moins, mais on en reçoit quand même. Surtout si l’on bosse dans des supports qui parlent de grande conso.
  • On soigne régulièrement notre égo… Rien que le fait d’avoir son nom en bas d’un article, ça vaut bien 3 Prozac… Quant à nos interlocuteurs quotidiens – les attaché(e)s de presse – ils/elles nous aiment tellement que ça vaut la boîte entière…
  • On paye moins d’impôt que les autres, à salaire égal. Pourquoi ? Parce que nous bénéficions d’un reste de niche fiscale qui nous permet de retrancher discrétos 7 600 € de notre revenu annuel. C’est injuste, je sais, mais on s’arrange avec notre conscience en se disant que le journalisme ça paye vraiment très mal (voir le chapitre sur les inconvénients)
  • On rentre gratuitement dans pratiquement tous les musées et les expos de France et de Navarre. C’est un des avantages de la carte de presse (voir ce post), mais personne ne sait exactement pourquoi.
  • On peut brûler ce que l’on a adoré sans que personne ne s'offusque.



Les inconvénients :

  • On oublie très rapidement les choses que l’on apprend grâce à nos interviews parce qu’un sujet chasse l’autre et que « dépêche-toi, n’oublie pas que tu as un papier à rendre pour demain coco ! »
  • On manque toujours de temps. Pour enquêter, vérifier une info, peaufiner un papier, soigner un titre… Et ça ne va pas en s’arrangeant.
  • On essaie de nous « enfumer », en ne délivrant l’info que sous un jour favorable. On le sait, mais c’est quand même énervant…
  • On voudrait parfois pouvoir déjeuner en paix et non avec un type qui nous fait son pitch entre la poire et le fromage et à qui on se doit de montrer de l’intérêt.
  • On n’est pas très aimés dans les dîners en ville. Les journalistes sont responsables d’à peu près toutes les plaies, ils sont corrompus, paresseux, à la botte du pouvoir (lequel ?), menteurs, etc. J’ai à peu près tout entendu, mais globalement c’est assez faux. Nous sommes avant tout à la botte des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs car ce sont eux qui nous nourrissent…
  • On sous-estime systématiquement le travail que nous fournissons. Tout le monde pense que notre job est hyper facile ; après tout, pour faire un article, il suffit de s’asseoir derrière un ordinateur et de savoir écrire non ?!
  • On est mal payé. Surtout quand on débute, et/ou que l’on est pigiste - ce qui est vrai (la grille des salaires est si ça vous intéresse )
  • On est en voie de disparition. Et oui, Internet est passé par là, la radio et la télévision aussi, aujourd’hui plus personne ne veut payer pour de l’info qu’il peut avoir gratuitement partout.
  • On est spectateur. On a beau interroger les grands acteurs de ce monde (patrons, hommes politiques, artistes…), on reste celui qui décrit, qui observe, qui commente… Pas celui qui agît. C'est frustrant de faire tapisserie.
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25 comments:

  1. Al-Kanz a dit…

    Je sens que ce blog va rapidement trouver son public :)
    (coquille : desseins au lieu de dessins)

  2. marsupilamima a dit…

    le désavantage principal: y a pas de boulot! La presse écrite se meurt et licencie à tour de bras, les télés c'est en cours et les pure players souffrent. Et les écoles continuent à former des tas de gens à qui cela ne servira à rien...bon courage

  3. Malaiac a dit…

    Manifestement, dans les avantages, tu peux ajouter :
    - on a plus besoin de savoir écrire le français pour avoir sa carte de presse.

    Ca manque de SR, ce papier :D

  4. Proxiti a dit…

    Pour compléter les "inconvénients" et la partie bouc émissaire : Les journalistes à la botte du pouvoir ne sont pas forcément sous la coupe directe dudit pouvoir politique, mais plutôt à la solde de leur patron de presse (ce qui peut revenir indirectement au même).
    Et donc ils construisent ou censurent des articles selon le bon vouloir de leur patron, et non des vraies attentes de leurs lecteurs.

    Vous avez également oublié de souligner que certains journalistes sont extrêmement hautains et méprisants envers les lecteurs de leur journal, mais heureusement ce n'est pas une généralité.

    Pour les avantages, on peut compléter par le fait que le travail journalistique correspond à un idéal de liberté de pensée et de sa diffusion. Ce qui est extrêmement gratifiant lorsque ce n'est pas censuré ou bridé par leur hiérarchie.

  5. Merrill a dit…

    "On est en voie de disparition. Et oui, Internet est passé par là, la radio et la télévision aussi, aujourd’hui plus personne ne veut payer pour de l’info qu’il peut avoir gratuitement partout."
    A mon avis le nombre de journalistes en activité est sûrement plus élevés aujourd'hui qu'il y a dix ou vingt ans.
    Et je crois que vous faites une erreur sur le lien de cause à effet de l'info gratuite sur la "disparition" des journalistes. Ce n'est pas parce que les infos dans 20 mn , sur Rue 89, RTL ou TF1 peuvent se consommer "gratuitement" que leurs journalistes ne sont pas payés.

  6. Eric Tenin a dit…

    @AL-Kanz. Merci de m’avoir signalé la coquille. Je dois dire que, effectivement, comme le fait remarquer malicieusement @Malaiac je suis tellement habitué à ce que mes articles passent dans les mains expertes des correcteurs/réviseurs et des SR que je laisse filtrer des énormités lorsque je me retrouve livré à moi-même... J'en ferai un billet bientôt.

    @Proxiti. Je pense sincèrement que ce que veut la majorité des patrons de presse (je parle des "vrais" groupes de presse), c'est de vendre plus de journaux, donc de séduire les lecteurs. Maintenant chacun possède évidemment un avis sur la façon de les séduire... Personnellement je n’ai été confronté à des situations de "censure" que lorsque j'ai travaillé dans des groupes qui éditaient des journaux en pus d'autres activités.

    @Merrill. Vous avez sûrement raison (je vérifierai cependant) il y a sûrement plus de journalistes aujourd'hui qu'il y a 10 ou 15 ans car le nombre de médias s'est accru.

    Mais quand je dis que l’info gratuite exerce un impact négatif sur la profession, c’est tout simplement que l’on ne voit pas trop pourquoi des lecteurs iraient acheter un journal 1,30 € ou plus pour y trouver grosso modo la même chose que dans les supports gratuits. Il y a certes un peu de valeur ajoutée dans la presse payante, mais elle ne saute pas immédiatement aux yeux…

    Il est indéniable qu'il y a de plus en plus de plans sociaux dans les groupes de presse, que les journaux ferment les uns après les autres et que les médias de "substitution" (sites internet, presse gratuite...) ne sont pas rentables.

    En conséquence les journalistes sont de moins en moins bien payés, ils ont moins de moyens pour travailler (enquêter, vérifier des sources, interviewer prend énormément de temps) et la qualité des articles produits s’en ressent forcément.

  7. Merrill a dit…

    @Eric: Merci de vos précisions, je comprends mieux ce que vous vouliez dire maintenant.

  8. Guillaume a dit…

    J'ai une petite réflexion quand même, en tant que "visiteur":
    "On est en voie de disparition. Et oui, Internet est passé par là, la radio et la télévision aussi, aujourd’hui plus personne ne veut payer pour de l’info qu’il peut avoir gratuitement partout." On peut toujours être "journaliste web", on est rémunéré par la pub...
    Ce n'est certes pas de la presse écrite, mais n'est-ce pas de la presse tout de même ?

  9. Proxiti a dit…

    @Guillaume et à tout ceux qui emploient le mot presse mal à propos :

    Par définition, la presse est avant tout papier (action d'exercer une pression sur du papier pour y imprimer quelque chose).

    Sur internet, à mon humble avis, il vaut mieux employer le terme de site d'information, ou informatif, cela serait plus correct.

    #chipotages

  10. Guillaume a dit…

    @Proxiti: Et il reste en plus une limite extrêmement floue entre les blogueurs et journalistes professionnels et les amateurs...

  11. moa a dit…

    Je souhaiterais ajouter que les attachés de presse sont même moins payés que certains stagiaires de la presse parisienne (là, je pars me pendre et tenter les concours de journalisme...)

    Mais quand on aime...

  12. Anonyme a dit…

    @ l'auteur: il y a plusieurs fautes d'orthographe dans votre article. Notamment une faute d'accord grammatical de niveau CE1. Il pourrait être judicieux de les corriger.

    @ Malalac: vous écrivez à juste titre: "Manifestement, dans les avantages, tu peux ajouter :
    - on a plus besoin de savoir écrire le français pour avoir sa carte de presse."
    Si vous êtes journaliste, vous parlez, manifestement, en connaissance de cause. Votre commentaire contient également une faute.

  13. chasseurdeperles a dit…

    C'est vrai ça, de plus en plus de journalistes ont du mal avec la langue française...

  14. Akynou a dit…

    « On est mal payé. Surtout quand on débute, et/ou que l’on est pigiste »
    C'est vrai. En moyenne (il y a de bons salaires, surtout dans la presse magazine). Et les salaires ont baissé depuis vingt ans. Le salaire moyen d'un journaliste en France est en dessous du Smic. Le prix de la pige est souvent un scandale.

    « On est en voie de disparition. Et oui, Internet est passé par là, la radio et la télévision aussi, aujourd’hui plus personne ne veut payer pour de l’info qu’il peut avoir gratuitement partout. »
    Je ne suis pas d'accord. La baisse de la valeur de l'info et des salaires des journalistes a commencé bien avant l'arrivée d'Internet dans les rédactions. Je crois que c'est surtout dû au fait que les groupes de presse se sont concentrés et sont passé dans les mains d'entreprises privées dont le but final (et qui pourrait le leur reprocher) est de dégager un maximum de bénéfices. Les entreprises commerciales de presse dévalorisent l’info puisqu’elles sont à la recherche du coût moindre.

    "Nous sommes avant tout à la botte des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs car ce sont eux qui nous nourrissent…"
    Et heu, non. C'est la pub qui nous nourrit. Ne nous voilons pas la face. Au poitn que certains journaux sont moins attentif à leur nombre de lecteurs qu'à leur nombre de page de pub.

    Quant aux fautes d'orthographe, j'aimerais rappeler qu'un journaliste n'est pas un correcteur. Il n'est pas formé pour cela, ce n'est pas son métier. Son métier c'est de rapporter de l'info et de la mettre en perspective pour informer le lecteur. Il n'est ni écrivain ni prof de français. Qu'un journaliste fasse des fautes d'orthographe sur un blog ne me gêne pas. Je trouve beaucoup inquiétant qu'il me raconte des conneries.
    Il y a des gens dont c'est le métier de corriger les papiers. Ça s'appelle des rédacteur réviseur ou plus simplement des correcteurs. Mais c'est con, les patrons de presse ne veulent plus les employer. Ils s'en moquent qu'il y ai des fautes dans un papier, ce n'est pas leur problème et si ça gène les lecteurs, c'est pas très grave tant que celui-ci achète son journal.

    Je connais des instituteurs et des profs de français qui font, eux aussi, des fautes de français. Il n'y a qu'à voir certains cahiers de mes enfants. Et bon, je n'en fais pas un fromage, l'erreur est humaine. Par contre quand on voit le niveau de français des jeunes qui entrent dans les écoles de journalisme, il y a de quoi être attéré, on est parfois obligé de leur réapprendre les bases. Parce qu'il y a des limites quand même.

  15. Anonyme a dit…

    Bonjour,

    J'ai 36 ans et après une longue promenade maintenant juste sans intérêt en communication et édition, je souhaite me réorienter. Le journalisme Web m'attire : mieux vaut-il faire une formation ? D'une manière générale que pensez-vous des formations en journalisme ?

  16. Anonyme a dit…

    Bonjour " dessein" n'était pas une coquille, ce mot s'écrit vraiment comme ça. A ne pas confondre avec "dessin" ça ne veut pas dire la même chose. "Dessein" signifie une intention, des projets qui peuvent être bons ou mauvais.

    Cordialement

  17. Anonyme a dit…

    Bonjour,

    Auriez vous une petite minute pour expliquer cette phrase : "On peut brûler ce que l’on a adoré sans que personne ne s'offusque."
    Je intéresse au métier de la presse et je trouve cette article très intéressant.

    Merci

  18. Anonyme a dit…

    Bravo à ce blog, trés bien détallié,
    mais moi qui aimerai devenir journaliste ça me fais tomber. Mais bon c'est ainsi, c'est pour ça que je bosserai pour être quelqu'un qui sera fier de dire: Et oui moi je suis journaliste.

  19. Anonyme a dit…

    j'ai une petite question.. lorsqu'on a l'intention de faire une petite manifestation (concert pour préserver un option musique dans un lycée), comment peut-on y convier des journalistes, où les joindre et faut-il les payer, si oui de l'ordre de combien?

  20. Eric a dit…

    @Anonyme du 15 janvier. On les invite tout simplement - et on ne les paye surtout pas !!

  21. nabilaaaaadu51(vahinie moleana) a dit…

    nabiladu=)=$=$51

  22. Anonyme a dit…

    Mais pourriez vous me dire: en quoi consiste votre travail?
    -les matériaux que l'ont a besoin
    -et si il y aurait des métiers semblables

  23. Anonyme a dit…

    Eh bé... pas joyce tout ça! Je cherche des infos sur le métier pour une réorientation et je tombe de l'arbre...
    La disparition de ce corps de métier serait une catastrophe.

    Signé Un Normand

  24. herve koumako a dit…

    On manque toujours de temps. Pour enquêter, vérifier une information en plus on est mal payé

  25. Unknown a dit…

    Bonjour,
    Très intéressant ce "petit" blog. Et j'avais une question en rapport avec une des réponses faite à un com : les réviseurs/relecteurs/correcteurs. 1 s'il y a différentes appellations, il doit y avoir une (même très légère) différence, non? Et si on parle hiérarchie , par exemple, en prenant l'exemple d'un organigramme : où placerait-on le correcteur par rapport à l'auteur?? L'auteur est plus haut hiérarchiquement parlant, bien qu'il corrige les erreurs de l'auteur? J'ai un vrai "bug interne" avec ça...L'auteur est bon en conceptuel, mais le correcteur, bon en factuel, il corrige. J'arrive pas à me rendre compte.

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