Soignez vos relances

mardi, août 25, 2009 Posté par Eric Tenin

Relancer un journaliste quelques jours après l'envoi d'un communiqué, c'est à mes yeux l'acte le plus important dans la relation média. Seulement voilà, les relances c'est long, ennuyeux, fatigant, déprimant, éreintant... et les journalistes détestent être dérangés au téléphone, du coup ils ne sont pas toujours très aimables. Résultat, lorsqu'on a de la bouteille, on évite soigneusement de s'y coller. On confie la tâche au stagiaire de 20 ans en pensant "ça lui apprendra le métier !". Évidemment le pauvre stagiaire en question ne sait pas vraiment s'y prendre. On lui dit "essaie de décrocher des rendez-vous avec notre client dans toutes ces rédactions" ou encore "tu vas appeler cette liste de journalistes pour savoir pourquoi ils n'ont rien écrit à propos de notre communiqué".
Et plein de courage il empoigne son téléphone et attaque bille en tête : "bonjour, je vous appelle parce que le XX juin nous vous avons envoyé un communiqué concernant la nomination de M. Duchemin au poste de grand chef à 2 plumes et nous voudrions savoir pourquoi nous n'avons pas eu de retombées dans votre journal" (je vous promets que c'est réel).

Un tel appel a pour don de courroucer légèrement les journalistes. Imaginerait-on un seul instant un commercial empoigner ton téléphone et dire "Je vous ai envoyé une plaquette de mes produits il y a une semaine et je n'ai pas encore vu passer le bon de commande, j'aimerais comprendre pourquoi !"

Conclusion, ne confiez pas les relances aux personnes inexpérimentées (voir également ce post). Contrairement à ce que l'on croit c'est un exercice à très haute valeur ajoutée et l'occasion de :
  • Avoir une relation directe avec les journalistes, ce n'est pas si fréquent, il faut en profiter,
  • Mieux expliquer de quoi il retourne : souvent les communiqués sont lus de travers et mal compris. En quelques mots au téléphone, il est possible de "pitcher" le produit ou le service et d'augmenter les chances de reprises,
  • Apprendre : pourquoi telle ou telle rédaction ne s'intéresse pas à ce type de communiqués. Quelle information faut-il mieux envoyer , quelle personne faut-il mieux contacter ?
  • Resserrer les liens avec son réseau de journalistes. En leur parlant régulièrement, vous devenez plus familier, plus proche et c'est comme ça que vous enrichissez votre carnet d'adresses.
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9 comments:

  1. Anonyme a dit…

    100% d'accord. Franchement je n'en peux plus d'être "harcelé" par stagiaires qui nous relancent avec le même dynamisme que les gens qui font le télémarketing le samedi matin ! Quitte à nous relancer autant que ça soit bien fait et avec de la valeur ajoutée.

  2. Anonyme a dit…

    Oui enfin les stagiaires n'ont pas trop le choix donc faut éviter tous genre de reflexion

  3. Anonyme a dit…

    Je suis moi même attachée de presse et j'ai lu tous vos posts avec délectation !
    C'est enrichissant d'avoir l'avis d'un journaliste sur notre métier et savoir de quelle manière nous devons procéder pour éviter de vous agacer :)) (C'est d'ailleurs assez rassurant car je constate que jusqu'ici je n'ai pas encore fait de grosse boulette...croisons les doigts!)

    MERCI POUR CE BLOG!

  4. GildasPF a dit…

    Ce ne sont en effet pas les stagiaires qu'il faut blâmer mais plutôt les dir, resp d'agences ou attachés de presse seniors qui ne savent pas transmettre, manager ou déléguer. Avec les attachés de presse que j'ai (eu) la chance de "former" ou au moins aiguiller, je leur montre en situation réelle comment faire. C'est moi qui prend le téléphone et eux qui regarde comment ça se passe. pour qu'ils puissent avoir une vraie démo et pas juste de vagues notions.

  5. Anonyme a dit…

    Je suis bien d'accord. Il est vrai que les relances sont exténuantes.
    Souvent je confie à mes assistants une liste de journalistes que je sais "sympa" par rapport aux relances. Et je me garde les autres journalistes. Mais avec les années, les relances deviennent moins systématique, surtout si l'on travaille pour la même marque depuis plusieurs années. Les journalistes ont l'habitude d'appeler leurs connaissances en cas de besoin.
    Par contre, cet exercice est hyper important pour se faire connaître et faire connaître sa marque.

  6. Georges-Antoine Gary a dit…

    Hummm, y a t'il réellement une règle?
    J'aurai personnellement tendance à penser que relancer ne sert à rien mais il y a des cas ou les journalistes coeur de cible ne voient pas passer l'information...
    dans ma vision des choses, on appelle avant d'envoyer un communiqué à son cœur de cible, comme cela on essaye de convaincre avant et surtout de créer un groupe de journalistes qui suit la marque en question...
    à adapter, bien entendu...
    Bravo Eric pour ce blog, je me sens rassuré de m'exprimer dans l'espace d'un pro... :)
    G@G

  7. Anonyme a dit…

    Quelle est le discours type alors ???

  8. Damien P a dit…

    J'ai eu une relation privilégiée avec un journaliste il y a quelques temps, et les relances sont une chose à éviter le plus possible. En effet, si vous avez été interviewé et que l'article n'a pas été publié il peut s'agir de deux problèmes : soit le journaliste attend du contenu supplémentaire pour rédiger un article, soit il ne s'agit pas d'actualités et il attend une place pour insérer votre article.

    Soyez patients.

  9. Cédric Copy | Blog Com'Coach pour trouver des clients a dit…

    Bonjour,

    Merci pour votre blog très informatif que je découvre aujourd'hui. Quand vous dites de ne pas confier la relance à des personnes inexpérimentées - vous parlez de personnes qui n'ont pas d'expérience avec le sujet dont vous voulez parler ou d'expérience en général avec la prise de contact avec les journalistes ?

    Cédric

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