La valeur du journaliste en question

La valeur du journaliste en question

Je sais que je ne suis pas très productif sur ce blog en ce moment vu que je croule sous le boulot et que j'ai un peu de mal à tout faire - mais ça va revenir ! - mais je voudrais tout de même vous faire partager une petite chronique que Over-Blog m'a sympathiquement demandé d'écrire à propos de la profession de journaliste et ce qu'elle est en train de devenir. Vous pouvez la retrouver sur Over-Blog ou ci-dessous :


Bonjour, je m'appelle Eric Tenin, je suis journaliste depuis un peu plus de 20 ans et je suis en train de vivre ce que le Poinçonneur des Lilas a dû ressentir quand il a vu arriver les tourniquets automatiques dans le métro...

Oh bien sûr, au début il n'a pas crû qu'on allait pouvoir se passer de lui ; pensez-donc des trous aussi beaux que les siens, ce n'était pas demain la veille qu'une machine allait pouvoir rivaliser... Et puis lui, il connaissait toutes les correspondances par coeur, il avait toujours un petit mot sympa pour les "poinçonnés", il était là en cas de problème sur le quai, bref, il faisait parti du PMP, le paysage métropolitain parisien...et les voyageurs l'aimaient bien. Même si aucun n'a vraiment ressenti de manque lorsqu'il a disparu...

Pour nous les journaleux c'est un peu pareil. Nous, nous pensons que nous n'avons pas notre pareil pour rechercher la Vérité - avec un grand "V" - dénoncer l'injustice, traquer le politicien véreux, arracher l'interview qui va changer le monde... Et parfois nous y parvenons. Seulement voilà, depuis un certain Internet et son cortège d'avancées technologiques telles les plate-formes de blog, les lecteurs de flux RSS, les outils de microblogging en temps réel et autres agrégateurs de news, nous ne sommes plus les seuls... Nous devons affronter la concurrence de millions de producteurs d'info à travers le monde.

Et vous savez ce qu'il se passe en économie de marché, lorsque l'offre devient pléthorique ? Les prix baissent... Et dans le cas présent, ils baissent même tellement que, pour celui qui la consomme, le prix de l'info est aujourd'hui proche de Zéro. Du coup, les budgets des rédactions et les salaires de ceux qui la produisent suivent, c'est à dire qu'ils tendent aussi vers zéro. Il y a bien des tentatives de renverser la vapeur, de repasser au "modèle payant" (bonjour monsieur Murdoch!), de récupérer la valeur ajoutée là où elle s'est carapatée, voire de créer un Hadopi de l'info, mais il faut se rendre à l'évidence ; on ne reviendra pas en arrière, du simple fait que les journalistes ont perdu au moins la moitié des rôles qui faisaient leur plus-value :

- Leur rôle de "sourceur". On n'a beaucoup moins besoin des journalistes pour aller chercher l'info puisqu'elle arrive en permanence - en direct -  via de nombreuses sources (Twitter, Netvibes, lecteurs RSS...)

- Leur rôle de "metteur en perspective". Plus besoin de journaliste pour transformer les faits en information, désormais ce sont les lecteurs qui s'en chargent dans les commentaires, avec souvent - mais pas toujours quand même (!) - beaucoup plus de valeur ajoutée que ne pourrait en apporter un journaliste.

- Leur rôle d'agrégateur et de "hiérarchiseur". Auparavant on comptait beaucoup sur les journalistes pour sélectionner l'info importante, l'organiser... A présent nous avons été remplacé par des machines : Google News, Netvibes, Newsgator, etc. sont autant de moyen d'organiser sa propre info très simplement et automatiquement. Moi-même chaque matin, j'ai comme premier réflexe d'aller sur... Google news !

Mais alors que reste-t-il aux journalistes, sont-ils condamnés à disparaître ? Je ne pense pas, car il leur reste encore quelques rôles que le Net n'a pas encore été capable de mettre à mal. Voici les 3 principaux à mon avis :

- Un rôle de "metteur en scène". Trouver une accroche, rédiger un texte qui invite à lire, prendre soin d'apporter une info à chaque phrase, bref construire un papier... On ne trouve pas ça sur twitter et on le trouve rarement sur les blogs. Pourquoi ? Parce que ça réclame du métier, un certain talent et... du temps.

- Un rôle de "fouineur" ! Toutes les infos n'arrivent quand même pas par Twitter and co. Prenez le Canard Enchainé par exemple, aucune - ou très peu - des infos qu'il diffuse chaque semaine ont déjà circulé sur la Toile avant. Il reste donc une info à forte valeur ajoutée, même si peu à peu elle est noyée dans la masse.

- Un rôle d'enquêteur.  Seuls des gens payés pour passer du temps à récolter l'info et à la classer sont capables de sortir "le prix de l'immobilier à Paris", "Les 100 boîtes qui vont embaucher en 2010", "Les 10 meilleurs restaus de la côte"etc.

Sera-ce suffisant pour faire remonter la valeur de l'info ? Impossible à dire. Je serais curieux de connaître votre sentiment...
mardi, décembre 01, 2009 | 42 comments | Lire la suite...
Quand contacter un journaliste ?

Quand contacter un journaliste ?


Une question suggérée par Greenislam, fidèle supportrice de ce blog ;-) C’est vrai ça, quand faut-il appeler dans les rédactions pour avoir les meilleures chances de tomber sur le bon interlocuteur ? Le matin tôt vers 10 heures, quand il arrive à la rédaction, après le déjeuner, vers 15 heures quand il revient à son poste ou vers 17 heures juste avant qu’il ne s’en aille ? Oh ça va, je rigole… Plus sérieusement, même s’il est vrai que les journalistes ne sont généralement pas des lève-tôt, il est globalement assez difficile de donner « une recette » miracle. Et pourtant je vous donne 2 tuyaux :

Evitez « le blouclage »
En gros les quelques jours qui précèdent l’envoi des pages à l’imprimerie. Evidemment la période de bouclage dépend du journal, de sa périodicité et… de l’organisation de la rédaction (chez certains le bouclage dure d’un mois sur l’autre !). Je vous conseille donc de vous renseigner sur les périodes de bouclage des différents journaux et magazines que vous visez, de le noter soigneusement et d’éviter ces périodes. Incidemment évitez également les lendemains de bouclages, généralement tardifs et durs pendant lesquels on fait le ménage sur son bureau, de l’ordre dans les mails et l'on commence à préparer le papier suivant. C'est une période pendant laquelle nous ne sommes pas très disponibles.

Visez la veille de la conférence de rédaction !
Je vous explique… Chaque mois, pour les mensuels, (semaine pour les hebdo, matin pour les quotidiens…) a lieu la conférence de rédaction, autrement dit la grand messe traditionnelle où l’ensemble des journalistes se rassemble autour de la rédaction en chef pour lui proposer des sujets. Evidemment, même si ce n’est pas une compétition, ceux qui ont le plus d’idées – pertinentes… – ressortent valorisés de l’exercice. Or très souvent, on se préoccupe de la conférence de rédac au dernier moment … On commence donc à rassembler les 2 ou 3 sujets qu’on a vaguement vu passer, mais sans grande conviction. Si vous téléphonez à ce moment là, avec le sujet du siècle (voire de la décennie seulement),  je vous promets que vous aurez une oreille attentive !
lundi, octobre 12, 2009 | 20 comments | Lire la suite...
Ecrire un article en 8 étapes

Ecrire un article en 8 étapes

Contrairement à ce que pensent certains lecteurs, produire un article ne consiste pas uniquement à s’asseoir derrière un ordinateur et à taper ! Je dirais même que l’aspect écriture est presque secondaire par rapport au long parcours qui précède la rédaction. Pour vous aider à mieux comprendre pourquoi l'information que vous proposez à un média est susceptible d'être reprise et sous quelle forme, je vous propose de suivre pas à pas les différentes étapes nécessaires pour aboutir à un article.

L’idée
Air du temps, fait novateur, anticipation par rapport à un événement planifié, suggestion d’un attaché de presse, information glanée dans un dîner en ville… Au commencement est toujours l’idée ! Il faut bien sûr qu’elle corresponde à la ligne éditoriale du journal et qu’en plus elle s’insère dans une de ses rubriques.

La pré-enquête
Ce n’est pas parce qu’on a une idée d’article qu’elle est forcément bonne… Il faut donc la valider. Comment ? En préenquêtant, autrement dit en menant un certain nombre de recherches (sur Internet, autour de soi, en interrogeant quelques interlocuteurs rapidement…). Par exemple admettons que l’on envisage un papier sur le thème du «développement des deux roues dans le paysage urbain ». Le journaliste qui propose l'article va consulter les organismes qui produisent des statistiques, quelques fabricants de 2 roues, la préfecture de police, des assurances… histoire de vérifier qu’il y a bien un ou plusieurs faits novateurs et qu'ils peuvent faire l'objet d'un article.

Le Présynopsis
Fort des informations glanées, le journaliste commence à cerner un peu mieux son sujet et comment il est possible de l’aborder. Un document, appelé présynopsis ou plan d’enquête est alors rédigé. On y trouve un certain nombre d’éléments « administratifs » tels la date de rendu, le nombre de pages prévues, le nom de l’auteur, du superviseur… et des informations qui servent de base à une discussion plus élaborée :
  • L’angle, à savoir l’idée maîtresse de l’article. Dans notre exemple cela pourrait par exemple être « Le développement des deux roues dans le paysage urbain cause de plus en plus de problèmes » ou encore « Comment, grâce au développement des deux roues, l’économie est boostée car moins d’heures sont perdues dans le trafic », etc.
  • Le titre envisagé, directement inspiré de l’angle. Par exemple « Deux roues en ville, c’est la guerre ! »
  • Le déroulé envisagé, c'est-à-dire les différentes grandes parties de l’article (par exemple une intro, un texte principal, deux encadrés, un témoignage avec photo…)
  • Des idées d’illustrations et d’infographie
  • Des idées de hors texte (précisément le contenu des encadrés, des témoignages possibles…)

La réunion de calage
Une fois ce document finalisé par le journaliste, et éventuellement l’aide de son supérieur hiérarchique, une réunion dite de « calage » est programmée. Elle réunit généralement le rédacteur de chef, un chef de service et le journaliste qui va rédiger l’article. C’est à lui de « défendre » sa proposition d’article, en s’aidant du présynopsis. Les autres participants apportent également leur pierre à l’édifice ; ils peuvent demander des modifications - le rédacteur en chef a une vision globale de son journal, il peut donc vouloir changer un angle ou un type de traitement pour ne pas « cogner » avec un autre sujet par exemple. A la sortie de cette réunion, tout le monde est – normalement ! – d’accord sur le traitement final… Le journaliste peut donc commencer à enquêter.

L’enquête
C’est dans cette phase que le journaliste mène ses interviews, récolte un maximum d’informations, tire toutes les ficelles qui lui semblent bonnes à tirer… Il n’y a pas de « durée type » (on n’a jamais fini d’enquêter) mais il y a une durée « économiquement raisonnable » au delà de laquelle le rapport informations récoltées/ investissement en temps n’est plus rentable.

Le synopsis
A l’issue de son enquête, le journaliste possède une idée beaucoup plus précise de son article à venir. Il connaît le volume d’information dont il dispose, il sait comment il va soutenir son angle, quels témoins il pourra faire parler, quelles données il peut proposer pour une infographie, etc. Il rédige donc un synopsis très précis dans lequel on retrouve les mêmes informations « administratives » que dans le présynopsis, mais en plus un descriptif complet des différentes séquences du papier.

La réunion rough
Il convoque alors une nouvelle réunion… Dans laquelle on retrouve les mêmes protagonistes que lors de la réunion de calage, avec en plus le directeur artistique (celui qui s’occupe de la mise en page des articles) et l’iconographe (celui qui s’occupe des photos). Chacun prend connaissance du synopsis et le directeur artistique commence à réfléchir à une mis en page possible. A l’issue de la réunion le journaliste modifie et affine son document en fonction ce que qui a été dit pendant la réunion (il lui faut par exemple modifier les longueurs de certaines parties, réintégrer un hors texte dans le corps principal de l’article si le directeur artistique estime par exemple qu’il n’y a pas assez de place…)


La rédaction de l’article et la réalisation de la maquette
A partir de la fin de la réunion rough, tout le monde sait ce qu’il a à faire ;-) Le journaliste commence la rédaction de son article en tenant compte de ce qui est précisé dans le synopsis (par exemple, un texte d’introduction de 2 000 signes, 2 témoignages de 1 000 signes…), le directeur artistique (ou plutôt l’un de ses maquettistes) met en page le futur article – en glissant du faux texte dans l’attente de recevoir le « vrai article » - et l’iconographe envoie ses photographes prendre des portraits des témoins qui apparaîtront dans l’article. Environ une semaine plus tard, il ne reste plus qu’à coller les différents morceaux !

Pour info, voici un exemple de présysnopsis. C'est un "vrai" document, j'ai juste retiré certains noms (cliquez sur le document pour le voir en grand.







vendredi, octobre 09, 2009 | 6 comments | Lire la suite...
Vous allez déjeuner avec un journaliste...

Vous allez déjeuner avec un journaliste...

Inviter un journaliste à déjeuner - ou a petit-déjeuner - fait partie du passage quasi obligé de la relation média. Cela permet de se rencontrer sur un terrain neutre et convivial et surtout d'entamer une relation. Ce rite est assez codé et je vous conseille de suivre plus ou moins « l’étiquette » pour obtenir les meilleurs résultats. Voilà en gros comment ça se passe dans 90% des cas. Un rendez-vous est pris pour 13 heures dans un restaurant "in" du moment, de préférence dans le centre-ville (par exemple le 8ème à Paris) ou à proximité de la rédaction. « L'annonceur », c'est à dire la société qui a suscité ce rendez-vous, représentée en général par le directeur de la société flanqué d’un de ses lieutenants et/ou de son attaché(e) de presse ou de son responsable de la com - arrivent toujours un peu en avance et attendent patiemment le journaliste. Lorsqu'il se présente, on échange quelques mots insignifiants (le temps, la circulation, la difficulté à se garer, la conjoncture...) histoire de briser la glace puis le journaliste sort son petit carnet histoire de montrer qu'il va prêter attention à ce que vous allez dire. Il est généralement de bon ton de ne pas entamer les hostilités avant que les commandes soient prises. A peine le serveur a-t-il tourné les talons que le journaliste lance un « alors, dites-moi tout ». C’est à vous de jouer… Voici en trois étapes mes conseils pour tirer le meilleur profit d’un déjeuner avec un représentant de la presse ; il faut soigner non seulement le « pendant » mais également le « avant » et « l’après ».


Avant le déjeuner
- La veille, confirmez par mail la date, l'heure, l'adresse du restaurant, le nom sous lequel la table est réservée
- Donnez un numéro de téléphone mobile à joindre au cas où
- Rappelez brièvement les noms, fonctions et rôles des personnes présentes
- Rappelez brièvement l'activité de la société (entre le moment où le déjeuner a été fixé et le jour J il aura oublié…)
- Préparez tous les documents à remettre et distribuez les rôles : qui va parler, quand.


Une fois arrivé au restaurant
- Exigez une table calme et assez isolée. Inutile que tout le monde profite de votre conversation
- Indiquez à l'accueil du restaurant que vous attendez un invité qui ne vous connaît peut-être pas et qu’il se présentera sous le nom de / ou qu’il mentionnera le nom de votre société
- Envoyez un SMS au journaliste disant : « Nous sommes à la table [près de fenêtre à droite], à tout de suite. »
- Au bout d’un quart d’heure de retard, appelez pour savoir où il se trouve…


Pendant le déjeuner
- Faites les présentations d’emblée, indiquez brièvement qui fait quoi, et la raison pour laquelle vous avez souhaité rencontrer le journaliste (préparez bien cette phase elle est cruciale car elle permet d’aiguiser l’appétit de votre interlocuteur – et je ne parle pas de nourriture…). Par exemple « nous sommes sur le point d’annoncer un nouveau produit qui s’adresse aux [la cible que vise le support du journaliste] »
- Passé la présentation, n’attaquez pas bille en tête. Le but n'est pas de tout raconter pendant la rencontre, mais de pitcher et d’installer une relation personnelle avec le journaliste. La suite se passe entre « techniciens de l’info » (votre agence de RP, un ingénieur de votre boîte, et chef de produit… ou vous, si vous êtes un peu tout ça !) comme dans les rencontres au sommet !
- Commandez vos plats en premier, d’un air décidé (vous avez eu le temps de faire votre choix, puisque vous êtes arrivé en avance !) histoire de montrer au journaliste qu’il peut « taper » n’importe où dans la carte (l’usage veut cependant que l’on évite les plats les plus chers.)
- Dites que tout ce qui va être dit se trouve dans le dossier de presse et remettez-le avant de commencer à faire votre pitch (le journaliste restera ainsi concentré sur ce que vous direz et il ne se servira du dossier que pour prendre des notes complémentaires).
- Evitez les présentations Powerpoint… Je ne sais pas vous avez déjà déjeuné un œil rivé sur un Powerpoint et l’autre sur votre assiette, mais ce n’est guère pratique !
- Evitez le « ping pong ». Comme signalé au point précédent, il est très important de distribuer les rôles pour éviter que chacun essaie d’en placer une dès qu’il peut pour être cité dans l'article...
- D’une manière générale suivez les consignes habituelles que j’ai déjà données concernant les interviews (c’est et ).


Après le déjeuner
- Renvoyez le jour même par email un récap de la conversation (que vous aurez préparée avant et que vous pouvez compléter le cas échéant avec quelques informations du jour).
- Donner les informations que vous avez promises pendant l’échange (une part de marché, un chiffre issu d’une étude, l’adresse d’un site web…)
- Ne considérez pas que votre travail s’arrête là ! Un déjeuner, c’est un peu comme un salon ; c’est le traitement post événement qui fait toute la différence. Relancez le très vite, tant que le déjeuner est encore présent dans sa mémoire…
lundi, octobre 05, 2009 | 6 comments | Lire la suite...
Puis-je réclamer si j'ai été interviewé (e) et que rien n'est jamais paru ?

Puis-je réclamer si j'ai été interviewé (e) et que rien n'est jamais paru ?

Vous n'êtes pas Bill Gates, Nicolas Sarkozy ou Catherine Deneuve ? Alors désolé, mais c'est la loi du genre... Vous avez certes consacré quelques-unes de vos précieuses minutes à répondre aux questions d'un journaliste, mais cela ne vous donne évidemment aucune garantie concernant une quelconque parution. Pensez encore une fois que vous êtes face à un acheteur : le simple fait de venir lui proposer un produit (en l'occurrence vous ou votre entreprise) ne garantit nullement qu'il va vous envoyer un bon de commande dans la semaine qui suit... Même si c'est lui qui vous a sollicité initialement. Peut-être vos propos ont-ils été intéressants, mais moins que ceux d'un autre interviewé. Peut-être étiez-vous trop préoccupé de promouvoir votre produit et pas assez de satisfaire les besoins du journaliste (lui fournir de la matière à article). Ou peut-être avez-vous dit la même chose que les 3 autres interviewés et dans ce cas le journaliste ne voit pas l'intérêt de répéter le même argument en 3 exemplaires dans la bouche de 3 personnes différentes.
D'autres contraintes peuvent également intervenir :
  • Un annonceur prend une page de pub au dernier moment, il faut faire sauter une page de rédactionnel. Et oui, l'économie précaire des journaux impose que l'on privilégie la pub à la rédaction. L'un rapporte, l'autre coûte... Du moins à court terme.
  • Un événement d'importance majeur oblige le rédacteur en chef à modifier la pagination. A la trappe le sujet dans lequel vous deviez apparaître, ce sera pour le numéro d'après ou peut-être jamais...
  • Le sujet "cogne" avec un autre article, placé un peu plus loin dans le chemin de fer et l'on ne s'en aperçoit qu'au dernier moment. Il faut en sacrifier un...
  • Le journaliste ne trouve pas le temps de boucler son enquête. Il l'a repousse, la repousse... jusqu'à ce que le sujet commence à être un peu trop "faisandé". Finalement l'enquête ne sera jamais bouclée et vos propos ne seront jamais publiés...
Dans tous les cas, à moins que vous soyez une célébrité ou un expert absolument incontournable, lorsque vous vous rendez compte que vous êtes passé à la trappe, évitez de rappeler le journaliste avec un petit air pincé pour dire "j'ai quand même pris de mon temps pour répondre à vos questions..." Cela ne changerait rien et il y a peu de chance qu'il vous rappelle la fois d'après.
vendredi, octobre 02, 2009 | 7 comments | Lire la suite...

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